Dossier : le maintien dans l’emploi

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Le maintien dans l’emploi

et les réalités du handicap


Accident du travail, usure professionnelle, maladie, vieillissement... Une personne
sur deux sera confrontée à une situation de handicap au cours de sa vie
professionnelle. Son maintien dans l’emploi constitue donc un enjeu d’importance
et un savoir-faire nécessaire pour l’employeur. De nombreuses solutions existent pour
lui permettre de rester en activité et donner l’opportunité, dans le même temps, de
conserver des compétences précieuses pour l’entreprise.
                                                                Dossier réalisé par la rédaction d’HANDYNAMIC.

 

 

QU’EST CE QUE LE MAINTIEN
DANS L’EMPLOI ?
C’est l’ensemble des démarches et mesures
mises en place par l’entreprise
pour maintenir dans l’emploi un salarié
en situation d’inaptitude pleine ou partielle.
Cette notion intervient lorsqu’une
restriction d’aptitude ou un risque d’inaptitude
est en mesure de constituer une
menace pour l’emploi.

 

PREVENTION DES CAS
D’INAPTITUDE
La prévention apparaît comme une étape
clé et certains indices peuvent permettre
d’anticiper les difficultés. Anticiper les
situations à risque : un arrêt de travail
prolongé ou une fréquence élevée d’arrêts
de travail d’un salarié pour cause de problèmes
de dos par exemple. Les visites
obligatoires auprès de la médecine du travail
sont indispensables pour réaliser un
repérage.
Mais différents acteurs dans l’entreprise
peuvent aussi signaler un cas d’inaptitude
: hiérarchie, collaborateurs, Mission
Handicap, RH... Des relais importants qui
peuvent conseiller et informer le salarié
en situation supposée de handicap afin de
l’inciter à prendre contact avec le médecin
du travail.
Plus les difficultés d’une personne à son
poste sont connues précocement, plus
on multiplie les chances de son maintien.
C’est un enjeu déterminant pour l’entreprise.

 

 

QUELS SONT
LES AMÉNAGEMENTS
POSSIBLES :
• Poste avec étude ergonomique et installation
de mobilier, aménagement des
horaires, réorganisation des tâches...)
• La mise en place d’un mi-temps thérapeutique.
Un bon moyen de réinsertion
progressive du travailleur momentanément
diminué physiquement ou psychologiquement
après une maladie ou un
accident.
• Le télé-travail
• Aides au tutorat
• Un temps partiel (par exemple, en complément
d’une pension d’invalidité versée
lorsque la capacité de travail est réduite
de plus des 2/3)
• Le Contrat de Rééducation en entreprise.
Il a pour objectif de permettre au
bénéficiaire de se réaccoutumer à son
ancienne profession, d’apprendre un nouveau
métier dans l’entreprise d’origine ou
dans une autre entreprise
• Bilan de compétences ou formations
professionnelles dans le cadre du DIF ou
du CIF.


 

PREPARER LA SOLUTION DE
MAINTIEN
Lorsqu’un constat d’inaptitude (totale ou
partielle) au poste occupé est fait par le
médecin, une analyse de la situation de
travail et de santé du salarié ainsi que des
besoins de l’entreprise s’impose.
Pendant cette phase, plusieurs questions
importantes doivent être posées en
concertation avec les acteurs concernés.
• Les conséquences du handicap sur l’aptitude
du salarié à son poste de travail.
• Une réorganisation ou des aménagements
sont-ils à prévoir ? L’entreprise estelle
prête à les mettre en place ?
• Les besoins de l’entreprise. Y a-t-il des
perspectives de recrutement ? Certains
postes sont-ils disponibles à court terme ?
• Quelles sont les missions du poste occupé
et des postes potentiels en interne en
cas de reclassement ?
• Quelles sont les compétences
et les aspirations
du salarié ?
• Quelles sont les possibilités techniques
et organisationnelles de mon entreprise ?

 

 

Le médecin du travail à l’origine
de la démarche
L’aptitude ou l’inaptitude médicale du
salarié à l’emploi ne peut être appréciée
que par le médecin du travail qui définira
les restrictions relatives à son maintien
dans l’emploi. Si avant, beaucoup étaient
réticents à prononcer une reconnaissance
de travailleur handicapé car ils craignaient
la stigmatisation, depuis quelques années,
avec l’évolution des mentalités, ils se
rendent compte des différentes possibilités
en matière d’insertion du travailleur
handicapé. La RQTH ne représente plus
un frein mais un vrai moyen qu’on met à
la disposition des personnes et qu’il faut
correctement utiliser.

 

ZOOM
CAMPAGNE AGEFIPH :
Le meilleur moyen de garder son emploi,
c’est de ne pas le perdre.
C’est avec ce slogan que l’Agefiph a
lancé sa nouvelle campagne de comm-
unication
sur le maintien.
L’objectif, informer les acteurs
professionnels du maintien (médecins du
travail, services sociaux de l’assurance
maladie...) sur l’offre d’interventions de
l’Agefiph et sensibiliser les employeurs
et salariés sur la question.
Pendant la campagne, 3 000 professionnels
de terrain se sont rencontrés,
principalement des médecins du travail, et
les demandes d’information et de conseils
du public adressés à l’Agefiph sur le sujet
ont augmenté de 249%.
   Plus d’informations sur www.agefiph.fr


Handicap et situation
de handicap
Il faut distinguer la notion de handicap
de celle de situation de handicap. Une
situation de handicap résulte d’une
interaction inadaptée entre la personne et
son environnement de travail. En effet, une
personne, handicapée dans une situation
de travail précise ne l’est pas forcément
dans une autre.
Par exemple, un coiffeur devenu allergique
aux couleurs chimiques pourra être
reconnu travailleur handicapé dans le
cadre de son activité de coiffeur. Il ne sera
plus reconnu travailleur handicapé s’il
change de métier.


Une situation de handicap peut être déclenchée
par :
• Des changements au niveau individuel,
comme l’apparition ou l’aggravation
d’un handicap.
• Des modifications significatives de l’enviro-
nnement
de travail au regard de l’état de
santé (physique ou psychique.)


A SAVOIR :

LA RQTH
La reconnaissance du handicap vous
ouvre l’accès à des dispositifs dédiés
aux personnes handicapées, dont les
aides financières et les services de
l’Agefiph. Sachez toutefois que le seul
constat d’inaptitude fait par le médecin du
travail n’entraîne pas automatiquement
une reconnaissance administrative du
handicap ! Vous devez en faire la demande
à la MDPH.

QUELLES SONT LES
SOLUTIONS ?
Suite à cette analyse, 3 solutions
peuvent être envisagées :
• Le maintien au même poste de travail
nécessitant ou non un aménagement.
• Le reclassement sur un poste différent
au sein de l’entreprise nécessitant un
aménagement ou non.
• La préparation à une nouvelle orientation
professionnelle en l’absence de solution
dans l’entreprise.

 

 

 



 

A SAVOIR :
Le SAMETH est un service d’appui au
maintien dans l’emploi des travailleurs
handicapés conçu et financé par l’Agefiph.
Il aide les employeurs à trouver des
solutions pour maintenir un salarié dans
l’entreprise.
Il peut, en fonction des besoins, faire
appel à des spécialistes des différents
handicaps (moteur, auditif, visuel, mental
et psychique), à un ergonome pour proposer
des aménagements techniques et
organisationnels adaptés ainsi qu’à des
spécialistes de l’orientation pour accompagner
le reclassement à un autre poste
dans l’entreprise.


COMBATTRE LES IDEES RECUES
Aménager un poste de travail, c’est
compliqué et ça coute cher.
90% des travailleurs handicapés n’ont
besoin d’aucune adaption de leur
environnement de travail. Pour les autres,
les solutions sont souvent simples et les
coûts peuvent être pris en charge par
l’entreprise ou financés par l’Agefiph.


Les entreprises ne s’impliquent
dans
les politiques handicap que
pour
diminuer leur contribution
Agefiph.

Si elles ont bien entendu un intérêt à
développer l’emploi des travailleurs
handicapés, la plupart des entreprises
mettent en place des mesures exemplaires
pour compenser le handicap de leurs
collaborateurs qui bénéficient à chacun
des salariés : la prévention des situations
de handicap, les aménagements et
la sensibilisation placent en effet le
maintien dans l’emploi au coeur des
politiques de gestion des ressources
humaines et permettent d’élargir la
réflexion à l’ensemble des situations de
travail (conditions de travail, gestion des
compétences...).


Si je déclare mon handicap,
je ne
pourrai plus évoluer.
La reconnaissance du handicap est
administrative. L’évolution professionnelle
d’un salarié en situation de handicap
ne repose que sur ses compétences. Par
contre, la compensation du handicap peut
aider à relancer une carrière.


Si je déclare mon handicap, je serai
déclaré inapte
Au contraire ! L’un des princiapaux enjeux
des politiques de maintien est d’éviter
l’inaptitude. Dans les cas extrêmement
rares où l’inaptitude est prononcée, des
dispositifs de reconversion professionnelle
exsistent.

 

A SAVOIR :
Au-delà des aides de l’Agefiph, il existe
toutes les ressources et dispositifs de
droit commun pertinents pour la gestion
de la situation du collaborateur concerné
: période de professionnalisation, DIF, CIF,
aides spécifiques régionales…