Handicap et cinéma : une histoire de partages

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Handicap et cinéma :

une histoire de partages

Evoluant avec les moeurs, la thématique du handicap a toujours

été présente dans l’histoire du cinéma, se déclinant dans tous les

genres, au coeur de l’intrigue ou juste en filigrane dans le film. Une

inspiration pour bon nombre de réalisateurs, mais une façon aussi

de briser les tabous et utiliser l’art comme moteur de l’évolution

des mentalités.
Il y a des sujets avec lesquels on ne plaisante pas. Des sujets
qui fâchent. Et pourtant. Depuis 40 ans, le cinéma ose aborder
le thème du
handicap, souvent avec humour et beaucoup de recul.
De la comédie pleine de vie Intouchables à Rain Man (1989)
- un des premiers films sur l’autisme – à l’excellent Forrest
Gump (1994), au film Ah, Le Miraculé (1987) avec Michel Serrault,
ou encore Woody Allen et son cinéaste hypocondriaque
atteint de cécité psychosomatique dans Hollywood Ending
(2002), le cinéma montre qu’un film peut faire avancer les
mentalités d’une société bien mieux que n’importe quelle
campagne de sensibilisation ! C’est ce que révèle un sondage
Ifop mené auprès de salariés et de chefs d’entreprise
réalisé pour les 25 ans de l’Agefiph. Depuis 3 ans, les Français
portent un regard plus positif sur les personnes handicapées.
Et fait inattendu, le cinéma y est pour quelque chose...
Selon le sondage, 34% des salariés qui ont changé leur vision
sur le handicap l’expliquent par le film Intouchables, facteur
clé d’évolution des mentalités, au même titre par exemple
qu’une rencontre avec une personne handicapée (34%).

Le cinéma et le handicap, un échange à double sens.
Si le thème du handicap inspire aux réalisateurs des scéna

aussi divers qu’émouvants, le cinéma,
lui, sert
la cause du handicap, en nous
interrogeant sur
nos relations
avec les
autres et sur nos
comportements.
Il contribue
au dépassement de nos peurs
et de nos
gênes. Un des plus
percutants outils des ensibilisation et de démystification..

                              Thomas Ferry

 

ZOOM ACTUALITE / DÉBAT

Les personnes lourdement handicapées peuvent-elles faire
appel à des professionnels spécialisés pour accéder au
plaisir et à la sexualité ? Non, répond le Comité consultatif
national d’éthique (CCNE), dans un avis rendu public en
mars dernier. Le sujet reste très controversé en France. Pour
les uns, il s’agit d’une initiative citoyenne, qui brave les interdits
et les tabous. Les autres craignent une nouvelle forme de
prostitution. Adoptée aux Etats-Unis et dans plusieurs pays
européens, la loi a du mal à percer chez nous. Bien sûr des
pratiques d’assistance sexuelle ont aujourd’hui lieu, mais
sans cadre légal.
 « THE SESSIONS »

raconte l’histoire vraie du poète et journaliste Mark O’Brien qui, arrivé à

38 ans, décide de perdre sa virginité... Ayant survécu à une attaque de

polio dans l’enfance, il passe son temps dans un poumon d’acier. Pour

autant, il est bien décidé à goûter à tous les plaisirs de la vie et prend

l’audacieuse décision d’engager une professionnelle : une assistante

sexuelle. Une rencontre qui va lui permettre d’aimer, « comme tout le

monde » et de briser le tabou qui entoure le sexe et le handicap.

Prix du public américain de la fiction au Festival de Sundance 2012. 
MAUVAIS POINT :
Avec le succès de films comme « Intouchables
», le handicap s’impose sur
grand écran mais les personnes en situation
de handicap ne sont encore que
très peu représentées dans les salles de
cinéma...
C’est en effet un constat inquiétant, dû au
manque de médiation et de qualification
en terme d’accueil des cinémas : caisses trop hautes,
accueil parfois discriminatoire (restez sur le côté, on s’occupe
de vous), et emplacements imposés dans la salle
souvent au premier rang.
Une situation qui amène malheureusement à l’auto-censure...
Les personnes
en situation
de handicap préfèrent
ne pas aller
au cinéma plutôt que
d’affronter ce lot d’incommodités...
Il faut savoir que l’ac- cessibilité comprend
à la fois l’accès à la salle, l’accès et la compréhension du
film mais également la formation du personnel. On peut saluer
l’implication de nombreuses associations qui oeuvrent
pour l’accessibilité des cinémas : le réseau Cinéma Différence,
soutenu par le CNC et parrainé par l’actrice Sandrine
Bonnaire, propose des séances pour des personnes
souffrant d’autisme ou de troubles du comportement.

 

BON POINT :
LES SORTIES HANDICAP FRIENDLY
Parc de la Villette : welcome handicap
Depuis plus d’un an, un tout nouveau Parc
de la Villette à Paris fait la part belle à
l’accessibilité ! Les nouveaux équipements
numériques innovants et l’accessibilité globale ont fait entrer
la Villette dans l’ère du « parc intelligent ». Un modèle
d’accessibilité, et ce, quelle que soit la nature du handicap :
bornes d’accueil ergonomiques, revêtements de sol adaptés,
maquette 3D
tactile qui offre
aux visiteurs
n o n - v o ya n t s
la possibilité d’appréhender
l’ensemble
du parc par le
toucher, boucle magnétique
de comptoir, éclairage
adapté et acoustique améliorée....