Rencontre avec André Montané, nouveau président du FIPHFP

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Rencontre avec André Montané,

nouveau président du FIPHFP


André Montané, vice-président du Conseil général de l’Ariège et Membre du Comité

local du FIPHFP de Midi Pyrénées a été élu à la tête du FIPHFP. Un mandat de trois

ans au cours duquel il renforcera les actions du fonds et encouragera les fonctions

publiques à remplir leur obligation d’embauche de travailleurs handicapés.

Explications.

 

Quel ton allez-vous donner à
votre mandat ?
Ma situation de personne à mobilité
réduite m’a conduit à m’engager très
tôt pour l’inclusion des personnes en
situation en handicap ; ma vie personnelle,
professionnelle et mes mandats
d’élus et associatifs ont été autant
d’espaces d’expression et d’actions.
Je peux témoigner que nous progressons
beaucoup, mais le chemin reste
long encore pour que toute personne
en situation de handicap trouve sa
place pleine et entière, dans la cité,
et dans l’emploi. Le FIPHFP fait partie
des fers de lance de cette inclusion.

A court terme, quelles seront les
mesures ?
Le Comité national du FIPHFP a déjà
validé plusieurs décisions importantes
comme, par exemple, le renouvellement
de conventions avec des
employeurs publics nationaux (Caisse
des dépôts, l’INRA et le ministère
de l’Education nationale), pour un
montant global de 49M€. Le Comité
a également engagé 3 conventions
importantes dans le domaine de l’accessibilité
numérique avec la DISIC
(direction interministérielle des systèmes
d’informations et de communication),
le CNED (centre national d’enseigne-
ment à distance) et le SIG

(service d’information du gouvernement)
pour 11M € au total sur 3 ans.

Comment favoriser l’inclusion
professionnelle et faciliter les
évolutions de carrière ?
La formation bien entendu, et c’est
l’ancien enseignant qui vous l’affirme
! Tant en formation initiale que
continue. C’est le levier du progrès et de l’inclusion par excellence, notamment
l’apprentissage qui est accessible
tout au long de la vie pour les
personnes en situation de handicap,
et qui est essentiel pour permettre
l’accès, le maintien dans l’emploi
et l’évolution de carrière. La formation
est également indispensable
au niveau de l’accompagnement, de
l’encadrement et du collectif de travail
pour permettre une réelle intégration,
professionnelle et sociale, de la
personne recrutée.

Qu’est-ce que la mise en place
du FIPHFP a changé concrètement
pour l’emploi des personnes
en situation de handicap
dans la fonction publique ? Quel
est le bilan depuis sa création ?
Il est important de noter que nos prédécesseurs
ont posé les fondements
du Fonds, ils l’ont structuré, organisé,
rendu opérationnel. Ils ont obtenu en
6 ans des résultats qu’il convient de

saluer. Le Fonds a démontré son utilité,
son efficacité dans une période où
tout était à construire et à inventer.
Les bases sont posées, à nous maintenant
dans la continuité de les faire
évoluer. Je citerai 2 chiffres, révélateurs
à mon sens, du travail mené.
En 6 ans, le taux d’emploi est passé,
pour les 3 fonctions publiques, de
3,74% à 4,39%. Deuxième chiffre :
l’an dernier, en 2012, le montant des
financements du Fonds a été accru
de 47%, pour atteindre 126,9M€.

Quelles sont les perspectives
d’action du FIPHFP ?
Les chiffres du 1er semestre 2013
sont le reflet d’une dynamique qui se
poursuit avec 24 nouvelles conventionsvalidées, 1 596 employeurs
ayant fait appel aux aides du Fonds et
41,2M€ de dépenses d’intervention,
soit une croissance de 19% par rapport
au résultat du 1er semestre 2012.
Pour ce qui est des perspectives
d’actions, nous devrons notamment
accélérer les actions entreprises en
matière d’accessibilité physique, en
particulier pour les écoles du service
public, mais aussi porter de nouvelles
ambitions pour développer des évolutions
innovantes en matière d’accessibilité
numérique, qui intègrent toutes
les formes de déficience.
Nous devons donner à cet outil les
moyens d’une action de qualité et de
proximité sur tout le territoire français.
Le FIPHFP doit par ailleurs être particulièrement
attentif à ce que toutes
les fonctions publiques se sentent
concernées et mobilisent leurs financements
disponibles.

Propos recueillis par Rébecca Assoun