Rencontre avec Michel Sapin, Ministre de l’Emploi

« Retour

 


Rencontre avec Michel Sapin,

Ministre de l’Emploi


Le nombre de personnes en situation de handicap inscrites comme demandeurs
d’emploi est toujours deux fois plus important que celui des personnes valides !
Redynamiser l’emploi est donc une priorité pour le ministère du Travail dont l’enjeu
le plus important reste celui de la qualification et donc de la formation.

 

 

et d’entreprises sur la promotion des
compétences des travailleurs handicapés,
afin de répondre à deux enjeux
actuels majeurs qui guident la
politique de l’emploi des travailleurs
handicapés : l’accompagnement et
l’anticipation des mutations économiques
et la meilleure gestion des
âges.
L’Etat renforcera aussi le soutien
financier qu’il apporte au secteur
adapté. Le nombre des aides au
poste en entreprise adaptée sera
donc relevé chaque année. Dans ce
cadre, seront favorisés les demandeurs
d’emploi travailleurs handicapés
bénéficiaires de l’AAH, ou
sans activité, les seniors de plus
de 50 ans, ou jeunes de moins de
25 ans, ou sortant d’ESAT.

Quel est votre projet pour faciliter
l’accès à la formation ?
Faciliter l’accès des personnes handicapées
à la formation suppose
deux conditions : développer à la
fois l’offre ainsi que l’accessibilité
des formations. Une articulation des
financeurs de la formation professionnelle
des personnes handicapés
– les Conseils régionaux et l’Agefiph
– est indispensable pour lever
les obstacles. Le niveau de rémunération
des stagiaires handicapés
constitue aussi un enjeu important
et doit être questionné.
L’Agefiph fait pour sa part un effort
en direction de la formation professionnelle,
en y consacrant près d’un
tiers de son budget (135 M€). Les
conseils régionaux, eux, verront leur
compétences en matière de formation
professionnelle réaffirmées
dans le cadre du nouvel acte de décentralisation.

Comment doper les efforts déjà
réalisés en matière d’accessibilité
dans l’entreprise ?
Plusieurs dispositifs permettent
d’encourager les entreprises à procéder
aux aménagements facilitant
l’accès et le maintien dans l’emploi
des personnes handicapées.
Dans le cadre de la déclaration annuelle
d’emploi des travailleurs handicapés,
la loi ouvre aux entreprises
la possibilité de déduire du montant
de leur contribution les dépenses
qu’elles ont faites pour favoriser l’accueil,
l’insertion ou le maintien dans
l’emploi de salariés handicapés ou,
plus généralement, pour favoriser
l’accès à la vie professionnelle de
personnes handicapées.

            Propos recueillis par Clément Mahe

Avec un chômage en hausse,
quel est votre projet pour l’insertion
des personnes en situation
de handicap dans l’entreprise ?
C’est un enjeu majeur pour notre
société. Forts d’un budget de vingt
milliards (budget en hausse par rapport
à 2012) consacré au handicap,
le gouvernement et les partenaires
sociaux ont convenu de relancer
l’accès à l’emploi et à la formation
professionnelle des travailleurs handicapés.
Aujourd’hui, la démarche de gestion
prévisionnelle des emplois et des
compétences demeure insuffisamment
utilisée par les entreprises
et les branches professionnelles
comme un moyen d’anticiper l’adaptation
de leurs salariés handicapés
à l’évolution du marché du travail
et de leur assurer une promotion
professionnelle. Un des objectifs du
gouvernement est donc de développer
le nombre d’accords de branche

« Objectif du gouvernement :
développer le nombre
d’accords de branche
et d’entreprises afin
de répondre à deux
enjeux majeurs :
l’accompagnement et
l’anticipation des mutations
économiques et la meilleure
gestion des âges. »

Les emplois d’avenir créent-ils
un lien avec les jeunes handicapés?
Le dispositif répond tout à fait à leurs
besoins et ils peuvent en bénéficer
jusqu’à l’âge de 30 ans. En partenariat
avec Pôle emploi et les missions
locales, les Cap emploi participent à
la mise en oeuvre du dispositif. L’ensemble
des actions et prestations de
droit commun et des actions de l’Agefiph
et du FIPHFP peuvent être mobilisées
dans ce cadre, comme pour les
autres demandeurs d’emploi.